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ÉLECTIONS. Mi-mandat américaines : quels sont les enjeux ?

Le 6 novembre prochain, Donald Trump et le parti Républicain feront face aux élections de mi-mandat « midterms », moment électoral marquant par lequel le peuple américain sanctionnera ou confortera son Président et son administration.

L’ensemble des 435 sièges de la Chambre des Représentants sera renouvelé, ainsi qu’un tiers des 100 sièges du Sénat. Quels sont les enjeux politiques pour Donald Trump ?

Situation actuelle au Congrès

Le système législatif américain est bicaméral, il dispose donc de deux chambres législatives, la Chambre des Représentants (chambre basse), et le Sénat (chambre haute).

Dans la Chambre des Représentants, le parti Républicain domine pour le moment la législature avec une majorité composée de 240 députés contre 195 pour le parti démocrate. Il suffirait théoriquement que 23 sièges basculent du côté Démocrate pour que celui-ci redevienne majoritaire dans la chambre basse.

Du côté du Sénat, 51 sièges sur 100 sont détenus par le Grand Old Party (Parti républicain), 49 pour les Démocrates. 35 sièges seront remis en jeu ce novembre. La majorité à atteindre pour le parti progressiste peut sembler minime à arracher. Cependant, sur les 35 sièges remis en jeu, 26 sont Démocrates. Il sera donc complexe pour les eux de reprendre la chambre aux conservateurs, mais l’élection de Trump à la présidence avait bien fait mentir plus d’un sondage.

Il faut noter également que la participation à ces élections est très faible. En général, moins d’un électeur sur deux se déplace pour l’évènement. Il est très complexe de dire si oui ou non les Démocrates réussiront à s’emparer de l’une des deux chambres, voire des deux. Ce que l’on peut discuter en revanche, ce sont les conséquences générales qu’un basculement législatif pourrait entraîner sur la politique de Trump.

De mauvais résultats empêcheraient-ils Trump de se représenter en 2020 ?

Si les Démocrates venaient à reprendre possession d’une des deux chambres, notamment la Chambre des Représentants, l’impact symbolique envers la présidence Trump ne serait pas des moindres, mais pas non plus dramatique.

Les élections de mi-mandat ont généralement toujours vu pour les présidents en fonction un moment de perte d’élus au Congrès. Mais de mauvais résultats aux élections de mi-mandat ne signifient pas que le Président sortant ne sera pas réélu deux ans plus tard. Par exemple, aux élections de mi-mandat de 2010, Barack Obama a perdu 64 députés, un résultat retentissant qui rejoignait le cas des présidences Harding en 1922 et Roosevelt en 1938. Cet échec n’a pas empêché Obama d’être réélu deux ans plus tard, tout comme Roosevelt pour un troisième mandat en 1940.

Si Trump perd de nombreux élus au Congrès, sa réélection en 2020 ne sera pas nécessairement impossible. Cependant, il faut préciser que ces élections restent une bonne mesure de l’approbation ou du rejet de la politique gouvernementale par le peuple, et que des résultats positifs ou négatifs limités seront meilleur signe pour une administration concernant la direction et le choix de ses politiques publiques.

 

Donald Trump s’entretenant par téléphone avec Vladimir Poutine. Source : Wikimedia Commons.

Un gain législatif limité

Si les Démocrates venaient à reprendre la Chambre des Représentants aux Républicains, le programme législatif de Donald Trump au Congrès se verrait en grand danger, voire inapplicable jusqu’aux élections de 2020. Ainsi, on peut imaginer que d’éventuelles prétentions du Président à continuer ses baisses d’impôts drastiques et à accorder des « faveurs » au monde financier et économique américain seront balayées par une éventuelle majorité « bleue ». De même, le fameux mur à la frontière mexicaine pourrait ne pas voir le jour, ce qui contrarierait l’électorat du Président pour qui cette promesse était l’un des piliers sur lequel le jadis magnat de l’immobilier fut élu en 2016.

Si les Démocrates venaient à reprendre la chambre basse, ce ne serait que le début de deux ans d’un blocage législatif intense ; le Président des États-Unis dispose d’un droit de veto constitutionnel lui permettant d’annuler une loi votée par le Congrès. De plus, les chances que les Démocrates s’emparent du Sénat restent faibles ce qui amènerait en cas d’échec les deux assemblées à s’opposer idéologiquement sur les textes de loi en préparation.

Un retour des Démocrates dans l’une des deux chambres du Congrès serait un moyen pour Trump de faire porter la responsabilité à ses adversaires politiques de toutes les éventuelles défaillances et échecs liés à sa propre politique intérieure et étrangère. Il profiterait ardemment de ces deux prochaines années de vide législatif pour préparer sa réélection en 2020.

Bons baisers de Russie

Mais le Président, dans le scénario d’une vague électorale démocrate, ne passerait pas non plus les deux prochaines années à l’ombre des ennuis judiciaires.

Les Démocrates pourraient profiter du contrôle d’une des deux chambres pour enclencher de nombreuses commissions d’enquête parlementaires afin de débusquer d’éventuels soupçons de collusion avec la Russie de Poutine lors de l’élection de Donald Trump en 2016.

Par le jeu de ces commissions, le Président pourrait se voir une nouvelle fois confronté à des investigations sur la manière dont il a mené et géré sa campagne présidentielle et devrait apporter des preuves face aux accusations d’une proximité politique avec la Russie.

Maison Blanche, Washington D.C. Source : Wikimedia Commons

 

Ces élections de mi-mandat auront un impact décisif sur le futur de la présidence de Donald Trump et sur son habilité à esquiver un étau judiciaire qui pourrait sans doute être fatal.

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