Environnement

Des scouts de Lambersart s’impliquent dans des projets écologiques

REPORTAGE. Les Éclaireuses et Éclaireuses de France (Eedf) de Lambersart poursuivent l’engagement écologique de leur mouvement. Ils ont décidés de réaliser un chantier nature, dans le but de développer la biodiversité des forêts du Nord de la France. Ils ont pris la décision d’adapter leur alimentation et de consommer local. Mais le problème des coûts de ces projets se pose.

 

Par un après-midi ensoleillé du Nord de la France, un petit groupe s’affaire au milieu d’une forêt humide. Foulards et chapeaux voltigent aux côtés des sécateurs, pelles et matériaux de récupération. Les Éclaireuses et Éclaireurs de France de Lambersart s’activent autour de leur engagement écologique. Christophe Fouache, directeur du groupe, guide le chantier aux ateliers divers. L’homme, ou Bison de son nom totem, ne cesse de donner des conseils aux enfants et aux parents venus aider. Tous paraissent décidés à reboiser les alentours de leur local pour y développer une nouvelle biodiversité.

Par ses projets écologiques, le groupe constitue le fer de lance du scoutisme des Hauts de France. Plantations, constructions au bois recyclé, cabanes à hérissons : des ateliers qui permettent de sensibiliser les jeunes aux enjeux écologiques actuels. C’est les mains dans la terre et le sourire aux lèvres que ce groupe mixte et laïc apporte sa pierre à l’édifice de la protection de l’environnement.

 

L’écologie, une vieille valeur scoute qui se vit plutôt que se débat

Christophe Fouache est devenu responsable des Eedf de Lambersart il y a près de trente ans. Pour lui, les valeurs du scoutisme ne se discutent pas seulement mais se vivent concrètement. Bien loin de ce qu’il nomme la « récente vague de préoccupation écologique bobo ». « L’écologie ça fait 110 ans qu’elle existe dans le scoutisme. Chez nous, vivre dans le respect de la nature, ça date de plus d’un siècle », précise le responsable.

L’écocitoyenneté, pilier fondateur de la pédagogie du mouvement, se retrouve dans leur local situé au bord du bois de Boulogne. Chacun y est occupé à construire de véritables petits temples de biodiversité. Le groupe participe en pratique à la protection d’une nature qui sera ensuite étudiée par les jeunes. Pour Christophe Fouache, les enfants apprennent réellement la valeur des ressources avec lesquelles ils vivent. 

 

Des réflexes écocitoyens

Par cette sensibilisation quotidiennes chez les scouts, le chef de groupe espère que ceux-ci développeront peu à peu des réflexes écologiques dans leur train de vie. Grâce à des projets de chantiers manuels, la nouvelle génération d’éclaireuses et éclaireurs prend conscience rapidement de la nécessité de protéger l’environnement et ses précieuses ressources.

Dans un camp de plusieurs semaines, tu apprends que l’eau c’est précieux. Tu ne la gères pas pour faire joli mais tu deviens véritablement économe parce que tu en as besoin

Christophe Fouache

 

Jeunes éclaireuses de 12 ans, Jeanne et Louison affirment que grâce au scoutisme, elles apprennent bien mieux qu’à l’école le respect pour une nature qu’elles découvrent chaque instant aux scouts. Les jeunes filles, occupées à planter un chêne, s’émerveillent sur la jeune pousse qu’elles n’avaient seulement vu que dans un livre scolaire. Mais Christophe Fouache pousse l’engagement encore plus loin en décidant de consommer local et bio lors des camps d’été de plusieurs semaines.

 

Construction d’un hôtel à insecte

Des projets écologiques au coût élevé

Le problème des coûts se pose rapidement. Si le groupe tente de consommer local et souvent bio, les prix décollent. « On était à 6 euros par jour pour nourrir chaque personne en camp mais en consommant local et bio, on était à 8 euros. Il n’y a pas de secret, pour équilibrer le budget, on a par exemple décidé de manger moins de viande mais de meilleure qualité. »

En 2018, le groupe a mené son premier camp flexitarien, en consommant moins de viande. Mais le problème se poursuit, face à de tels projets aussi concrets soient-ils, le groupe ne peut avancer sans subventions. Salarié de l’association lilloise Les Bonglios, François Griffault confirme cette forte contrainte budgétaire. L’association écologique crée en 1992 est un organisme de construction de chantiers nature au service de la biodiversité en France. Mais comme l’explique ce responsable, l’association n’a pu travailler avec des scouts que dans le cadre d’un projet européen subventionné.

L’organisme se voit contraint de refuser des projets à des groupes de scoutisme chaque année en raison de leur faible budget. Mais l’écologiste encourage ces initiatives qu’il qualifie de « positives et concrètes. » L’importance des subventions paraît alors primordiale. Du côté des Éclaireuses et Éclaireurs de Lambersart, le groupe souffle un peu. Pour réaliser leur chantier écologique, qui recycle notamment des matériaux de récupération, ils ont reçu 1 500 euros de la part de la ville.

 

Constructions en cours de réalisation, à partir de palettes récupérées

Le groupe souhaite apporter sa pierre à l’édifice dans la lutte pour la protection environnementale, en faisant prendre conscience à ces jeunes des précieuses ressources naturelles qui les entourent. Mais les coûts nécessaires demeurent un obstacle complexe à franchir.

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