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Mondial russe 2018 : Groupe D comme Disruptif

COUPE DU MONDE. Dans moins d’un mois se disputera la prochaine coupe du monde de football. L’occasion de vous proposer une petite revue des forces en présence, groupe par groupe. Worldzine fait le point sur l’équipe en vogue, la future surprise du chef, la star de ce groupe et le combat de titans de la première quinzaine que tu dois rater sous aucun prétexte. Le tout ponctué d’un pronostic qui peut te faire gagner gros chez les bookmakers -premier degré servi cependant à la pelle. Aujourd’hui, plein phare sur le groupe D dans lequel évolueront l’Argentine, le Nigeria, l’Islande et la Croatie.

La sélection tendance

Et si le Nigéria crachait d’un coup sec sur tout les pronostics de pré-mondial. L’idée loin d’être neuve n’est pas utopique pour un sou. Les Super Eagles n’ont peut-être pas le plumage des divins vainqueurs d’Atlanta en 1996. Soustrayons à ça le manque d’une pile surchargée façon « Duracel » Okocha au profit de l’attaquant vedette de son époque, Alex Iwobi, moins spectaculaire on l’admettra et légèrement faiblard ces derniers mois à Arsenal. Il n’empêche qu’on a affaire à une grosse cylindrée africaine, toujours à l’affût quand sonne le tocsin des compétitions internationales. Les derniers résultats sur le continent ne donnaient pas raison aux optimistes quant à l’avenir de cette génération de joueurs après deux échecs aux portes de la CAN en trois ans. Et les aigles ont pourtant fondu comme des morts de faim sur un groupe ultra relevé, composé du Cameroun, dernier vainqueur de la CAN gabonaise, de la Zambie, et des Algériens. À la clé, une place tranquille pour le mondial et une petite leçon infligée aux champions d’Afrique en titre (4-0). Le phénix nigérian n’a pas fini de surprendre.

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Si tout le monde a crié au « groupe de la mort » dès le tirage de ce groupe D, c’est que personne ne pensait à quel point la lutte serait indécise. Bien sûr, en qualité d’observateur lucide et faisant preuve de lucidité, on n’irait pas jusqu’à se baser sur un simple match amical. L’Argentine se cherche constamment avec ou sans Messi, et après une qualification sur le fil, n’a pas manqué de prendre quelques jolies roustes en amical. Dont une, face à nos Super Eagles, dextérité au pied pour embrocher par quatre fois la défense de l’Albiceleste (2-4). Obi Mikel toujours à la baguette comme plateforme de lancement pour les Moses et Musa en fusées de couloir. Le Nigéria devra assurer ses phases de repli défensif à la perte du ballon qui lui font souvent défaut sur la plupart de ces matches. Et garder un certain sens de la discipline à l’échelle des joueurs comme de la fédé. Cette requête formulé par le coach, Gernot Rohr, en octobre dernier, souhaitait que « les questions de primes et indemnités […devait] être tranché avant le début de la compétition. » Pour rappel, de tels soucis avaient impacté la qualif’ de 2014 en huitièmes, les joueurs boycottant une séance d’entraînement et poussant le ministre des sports en personne de prendre un jet pour le Brésil avec 4 millions de dollar de cash. Si ça c’est pas sportif.

Le pari de la Quinzaine

Le pari est ici-double. Le Nigéria et la Croatie en premiers de cordée, en paraphrasant la verve macronienne. Et la sortie extraordinaire mais non moins justifiée de l’Argentine. Et porqué no ? À chaque édition son ex-finaliste passé à la trappe. Espagnols en 2014, Français et Italiens en 2010. Dans le même temps, la faiblesse défensive des Bleus et blancs n’annoncent rien de bon, de quoi se faire piéger dans un groupe d’underdogs confirmés. Si Maradona, el Pibe de Oro en personne, qui s’est lamentablement foiré en 2010, vient faire l’éloge de son bilan à la tête de la sélection, l’ensemble doit déjà sentir le grillé. Pour preuve la défense à trois centraux contient difficilement les contres-attaques, son milieu Biglia-Banega fait pâle figure, et l’attaque, longtemps objet de bien des fantasmes, dépend de Messi comme la galette bretonne de la farine de blé noir : celui d’un ingrédient indispensable. Consigne a glissé aux oreilles du sélectionneur de se passer des services d’Icardi, au passé de voleur de femmes un tantinet embarrassant. Néanmoins, c’est se priver d’un des tout meilleurs pilloneurs d’Europe évoluant à l’Inter et relancer l’expert, non moins talentueux, ratage des moments-clés, Gonzalo Hi(sa)guain. Ambiance chez les protégés de Sampaoli. Pour les nostalgiques, pro-Maxi Lopez et autre pessimistes, ces images pourront faire office de lot de consolation. 12 ans putain.

 

La Croatie fait déjà un beau huitième de finaliste. Le dernier Euro fut un épisode somme toute frustrant -défaite aux prolongations (0-1) sur une contre-attaque dégueu portugaise- durant lequel ils infligèrent une jolie fessée aux Espagnols. Le filon croate fait bien rêver, ses coaches beaucoup moins. En octobre dernier, Ante Čačić était viré pour cause de mauvais résultats. L’équipe flottait dans le mou du groupe I européen entre des Islandais appliqués et un duo Turco-Ukrainien en rodage jusqu’à ce que les joueurs dont Modric à force de railler le management, poussent la fédé à couper les têtes. Zlatko Dalic appelé au pied levé, aura la lourde tâche de relever le niveau d’une formation sublime sur le papier, quoique fort peu clinique sur le terrain. L’association entre Modric, et Rakitic, tout deux respectivement chez les rivaux Madrilène et Barcelonais fait partie pourtant, si mise à profit, des atouts séduction du groupe. Kalinic, Kamaric et Perisic aux avant-postes sont loin d’être des quilles. Plusieurs points seront donc à étudier de près, suivant la transmission des lignes arrières à l’attaque, dépendante des fusées sur les ailes et sevrant la pointe de ballon. Le spectacle n’a pas d’ailleurs été au rendez-vous avec un pauvre 1.5 but par match dans l’ensemble. Le mondial sera l’occasion de rectifier la mire, et rêver de nouveau de ce splendide été 1998, pour des lendemains qui chantent.

Ce match à jamais gravé dans ta mémoire

Islande-Argentine ou le choc de deux mondes. Et un premier match de coupe du monde dans l’histoire footballistique des Vikings. Et s’il passait dans la postérité ? Surprenants quart-de-finalistes du dernier Euro, les Islandais ont selon leur tableau de chasse notamment sabordé la Marine anglaise en huitième (2-1). Un changement de sélectionneur plus tard couplé à une qualification directe pour le mondial – premier devant Croates et Turcs-, et voilà l’île volcanique qui se présente face à une Argentine aux abois dès l’entrée en compétition. L’orgueil islandais face à la détresse argentine. Oui, on fanfaronne mais on peut se prendre à rêver.

L’homme dont tu vas entendre parler

Messi, 31 ans, c’est un rapport unique avec la coupe du monde. Des débuts prometteurs en 2010, une forme d’impuissance en 2010, un effacement progressif jusqu’à la finale de 2014. Qu’en sera t-il de cette quatrième édition ? Cette unique question braquera assurément les objectifs du monde entier sur la star du Barça, soulier d’or européen pour la cinquième fois cette année (36 buts en Liga). Le magnétisme qu’il engendre s’ajoute aux doutes quant à la réussite de son équipe. L’Argentine aborde cet été russe dans la peau d’une formation sous perfusion, et le produit injecté est immanquablement celui de la Pulga. Au-delà du fait que le Léo joue peut-être sa dernière carte sur la scène mondiale, c’est le goût de ce dernier pour la sélection nationale qui est en jeu. Deux finales de Copa America ratées, et une qualification en dents de scies peuvent à raison absorber toute envie. « Si nous échouons, nous devons tous disparaître de la sélection. » affirmait-il en décembre dernier. Des signes avant-coureurs d’usure mentale s’étaient fait ressentir après sa décision de quitter la sélection deux ans auparavant. Son combat pour son pays semble avoir changé de terrain. L’heure sera en juillet peut-être au passage de témoin.

Pronostic

Une poule en rupture totale avec la normale. Si l’Argentine se rate face à l’Islande (3-3), elle chope de peu le scalp croate (1-0) avant la cinquième confrontation en cinq coupes du monde entre Gauchos et Nigérians. Cette fois c’est une première côté Super Eagles. Destruction en bonne et due forme des Sud-Américains (1-3), qui ratent le coche des huitième à la différence de but, en faveur des carreaux rouges. Messi conspué, Sampaoli viré manu militari, Iwobi, auteur d’un triplé, vendu à Barcelone pour la modique somme de 40 millions d’euros et Maradona rappelé pour gérer la crise de l’Albiceleste. Le coup de grâce assurément. Disruption à venir donc.

1. Nigeria 5pts

2. Croatie 4pts

3. Argentine 4pts

4. Islande 1pt

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