Politique

REMANIEMENT. Où sont passés les secrétaires d’État ?

GOUVERNEMENT. Jean Castex aurait-il oublié de nommer les secrétaires d’État ? Si ses ministres sont connus depuis près de deux semaines maintenant, les noms de la deuxième vague gouvernementale restent inconnus. En l’attente d’une annonce imminente, WorldZine fait le point.

 

On nous avait promis du changement. Il y en a eu finalement très peu, du moins du côté des visages. Le nouveau gouvernement nommé le 6 juillet dernier a plutôt été celui d’un jeu de chaises musicales, dont seules quelques têtes (Nicole Belloubet, Christophe Castaner, Didier Guillaume et Muriel Pénicaud), sont a priori définitivement tombées.

Réinvestis dans leurs fonctions, rétrogradés, voire évincés, les ministres d’État et les ministres attachés du gouvernement Philippe II ont au moins eu la chance d’être fixés. Certains sont même devenus ministres délégués sous la tutelle d’un autre ministre. Si la titulature est certes plus pompeuse, c’est bien toujours de secrétaires d’État qui ne disent pas leur nom qu’il s’agit.

 

Impatience au sommet de l’État

Mais justement, où les secrétaires d’État sont-ils passés ? Dans le champ médiatique, ils sont complètement sortis des écrans. Sous l’ère d’Édouard Philippe, ils étaient dix-sept. Il n’en reste aujourd’hui plus qu’un : Gabriel Attal, passé de l’Éducation à Matignon. Successeur de la controversée porte-parole du gouvernement Sibeth N’Diaye, l’ancien porte-parole éphémère de La République En Marche est à l’heure actuelle le seul et unique secrétaire d’État du gouvernement de Jean Castex.

S’il était bel et bien prévu que l’annonce des nommés soit différée de celle des ministres, elle a toutefois plusieurs fois été repoussée. Peut-être interviendra-t-elle ce soir, selon des fuites à l’Élysée. Mais rien n’est moins sûr. Le nouvel exécutif bicéphale a déjà eu plusieurs fois l’occasion de nous montrer qu’il souhaite, aussi paradoxal soit-il, aller vite tout en prenant son temps.

Mais du côté des anciens titulaires l’impatience est à son comble. Beaucoup rongent leur frein. Si Sibeth N’Diaye a fait savoir par son entourage qu’elle se retirait, Laurent Nuñez prend la direction de la Coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNRLT). Huit anciens ont pris du grade, en devenant ministres sous tutelle ou en prenant les rênes du porte-parolat pour le jeune Attal. Sur les dix-sept secrétaires d’État de la précédente mandature gouvernementale, sept sont donc encore dans la course pour un nouveau mandat : Sophie Cluzel, Christelle Dubos, Jean-Baptise Lemoyne, Cédric O, Laurent Pietraszweski, Brune Poirson et Adrien Taquet. Très silencieux ces derniers jours, y compris sur les réseaux sociaux, ces secrétaires d’État du « monde d’avant » ne sont pas les seuls à espérer obtenir un maroquin. Car dans la course aux portefeuilles gouvernementaux, certains députés de la majorité espèrent bien remporter la mise.

 

Vers une surprise ?

Alors que le gouvernement actuel a largement surpassé tous les records quantitatifs antérieurs sous la Vème République en termes de ministres, faut-il pour autant attendre aussi une trentaine de personnes du côté des secrétaires d’État ? Ou dix-sept comme dans le précédent gouvernement ? Ces deux scénarios semblent peu probables, d’autant que le cercle gouvernemental se verrait élargi à une cinquantaine, voire une soixantaine de personnes. Il n’y a qu’à imaginer les difficultés pour coordonner tout ce beau monde. Une équipe qui risquerait bien d’être pléthorique. Mais le président de la République nous a déjà prouvé son penchant à surprendre là où personne ne l’attendait. Rien d’impossible donc.

D’autant que les secteurs à couvrir ne manquent pas : du handicap à la jeunesse, en passant par le tourisme. À l’ère de la Covid-19 et du télétravail généralisé : de la santé, au numérique, en passant par la transition écologique. Brune Poirson par exemple pourra-t-elle perpétuer son action en faveur d’une économie circulaire ? La question de l’accessibilité restera-t-elle au cœur des priorités gouvernementales ? Sur ce point, les progrès continuent, avec la présence désormais systématique d’un interprète en langue des signes aux côtés du porte-parole du gouvernement, ce qui n’était pas le cas avec sa prédécesseure.

Quoi qu’il en soit, les acteurs engagés dans la sphère du handicap et ceux dans le monde du tourisme sont très demandeurs d’un secrétariat d’État spécifique pour faire valoir leurs causes. Les ministres de la Culture et de la Santé ont aussi fait part de leurs envies pour renforcer leur action, tandis que la place Beauvau et l’hôtel de Bourvallais ont fait savoir qu’ils ne voyaient pas la nécessité de nommer un secrétaire d’État dans leurs ministères. Alors que la crise s’annonce encore longue d’après les récentes prévisions, pourquoi pas un secrétariat chargé du chômage ? Voire un second à l’insertion des jeunes diplômés dans le monde du travail ? En tout cas, en dehors des secrétaires d’État, plusieurs hauts-commissaires devraient être nommés pour des missions interministérielles. François Bayrou pourrait même ressortir du bois. Réponse, au mieux, dans les prochaines heures.

Laisser un commentaire