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Mondial russe 2018: Groupe B comme Bagarre à Al-Andalus

COUPE DU MONDE. Dans moins d’un mois se disputera la prochaine coupe du monde de football. L’occasion de vous proposer une petite revue des forces en présence, groupe par groupe. Worldzine fait le point sur l’équipe en vogue, la future surprise du chef, la star de ce groupe et le combat de titans de la première quinzaine que tu dois rater sous aucun prétexte. Le tout ponctué d’un pronostic qui peut te faire gagner gros chez les bookmakers -premier degré servi cependant à la pelle. Aujourd’hui, plein phare sur le groupe B dans lequel évolueront l’Espagne, l’Iran, le Portugal et le Maroc.

 

La sélection tendance

Pulvérisée au dernier mondial par des briscards hollandais et des Chiliens sans vergogne. Dépassée au dernier Euro quand il s’est agi de calmer les ardeurs allemandes. La fin de l’ère Del Bosque, sélectionneur de la Roja, avait assurément un sale goût de cramé. L’après Del Bosque s’avère de son côté un tantinet plus aérée avec certes une sélection espagnole moins impérieuse durant ses rencontres, mais de nouveau affamée. En guise de match charnière, cet amical étourdissant (1-1) en mars dernier où eux et Allemands n’ont cessé de faire le jeu et maltraiter les défenses adverses. Et côté latin ce soir-là, si la défense était un froid potage, les attaques placées avaient tout l’air d’être tirées de Dailymotion, rubrique « euro 2012 ». C’est que la sauce rouge façon Lopetegui, à la tête du onze depuis le mondial brésilien, n’en reste pas bien sorcière. Pire, c’est du préfabriqué.

La bonne vieille défense maison court toujours, et si Piqué et Ramos se foutent sur la gueule sur les réseaux sociaux, leur association fait toujours mouche. De Gea prolonge avec peut-être plus de virtuosité que son successeur San Iker la tradition de tueurs accolés au front des portiers espagnols. L’attaque fourmille d’options et comme auparavant, lumière est accordé aux fusées des ailes entre Asensio, Isco et Aspas. La pointe ne joue qu’un rôle mineur quand elle n’est pas incarnée par un faux 9. Pour preuve, Morata, laissé à Londres, laisse du champ libre aux Silva et Rodrigo. Tout provient donc de derrière et cette plateforme de lancement, habile balle au panard et comme jamais à l’aise sur petits espaces. Iniesta ne joue pas seulement un rôle majeur aux côtés de Koke et Thiago, il est l’âme du milieu, par lequel tout ballon transite, est distribué à la pelle vers les éléments de l’attaque. Une telle cohésion a le mérite d’être clinique et les faiblards de la terre du milieu ont du souci à se faire. La monumentale pilée infligée aux Argentins (6-1) à Madrid, en mars, a envoyé un message au monde entier, primo sur l’état de santé de l’Albiceleste (certes sans Messi), segundo sur la maturité espagnole et son goût du sang. Que les Français se tiennent au carreau, la der’ au Stade de France face à l’Espagne avait fini par un (2-0) salé. Les Espagnols sont bien plus qu’en rodage, la seconde étoile leur tend déjà les bras.

 

Le pari de la quinzaine

Un roc comme on n’en trouve pas au-delà de l’Atlas. Cette sélection marocaine fait en effet mouche cette année pour leur imperméabilité derrière, et plus particulièrement en poule de qualif’ où ils n’ont pas encaissé un seul but. Pour pourquoi pas créer la surprise ? Dans un groupe aussi dense que celui du B, les points risquent de s’arracher sur des performances défensives de grandes classes. « Faire en sorte qu’on s’améliore sur de petits détails. », résumait coach Renard. On ne pourra pas dire que le coach des Lions de l’Atlas, n’a pas préparé le terrain. Le double champion d’Afrique pourra s’appuyer sur Medhi Benatia, qui derrière a du talent à revendre. L’ex du Bayern a clairement affûté ses crampons pour la Russie, lui même auteur d’une grosse saison chez la Juve allant jusqu’à faire oublier -sans le même coup de patte- Leonardo Bonucci parti à Milan. Vous y ajouter un Romain Saiss des beaux jours, en tant que stoppeur des Wolves, et vous obtenez l’une des bases arrières les plus sûres de ces poules.

Premier clash et pas des moindres dès l’entrée dans le tournoi : l’Iran. La victoire est un euphémisme tant cette rencontre revêt d’importance pour de possibles huitièmes. Renard et ses hommes devront faire valoir des arguments plus offensifs. Et ils sont pléthores. Chez Renard, il faut tout d’abord de la bouteille et de la rigueur. Pas mal d’attaquants hype laissés au placard (Boufal au damne des Lillois) ou blessés (Alioui serial buteur à Nîmes). Le sorcier africain n’en a cure tant que son milieu fait des émules ; la pépite de l’Ajax Ziyech sur le côté, protégé à l’arrière par des défensifs de métier, El Ahmadi et Boussoufa. À leurs côtés, se trouvera certainement un certain Younès Belhanda, ex-champion de France avec MTP. Autrement dit, pour Espagnols et Portos, on ne vendra pas la peau du lion avant de l’avant tué.

 

Ce match à jamais gravé dans ta mémoire

37 fois, c’est le nombre de matches joués entre les deux frères ennemis de la péninsule ibérique. Et autant dire que cette classique n’a pas vraiment tourné en faveur des Portugais (8 victoires contre 16 côté espagnole). L’anomalie demeure toutefois sur le peu de retrouvailles depuis quelque années. Les dernières hostilités avaient été déclarées durant l’Euro polo-ukrainien de 2012 et c’était la Roja qui s’en était sorti à l’expérience aux pénalties (0-0, 4-2 au tab.). Depuis, panne sèche question rivalité, les uns et autres se sont évités sur chaque phase finale, quand ils n’étaient pas jeté aux ordures dès les poules. Huit années de disette plus tard, l’Espagne est piochée dans ce chapeau 2 dans lequel elle fait figure de Nemesis. Les Portugais, poissards, tirent le gros lot à leur grand désarroi. Le public quant à lui, se délecte d’avance.

À analyser le palmarès des deux mastodontes, le malaise vagale n’est pas loin. Rien à redire côté Roja. Pourtant chez les champions d’Europe en titre on est loin de respirer la confiance derrière. Santos ne cesse de se creuser les méninges dans le but de stabiliser une défense en berne, jusqu’à rappeler les plus tout jeunes Pepe (35 ans) de Turquie et Fonte (34) de Chine, ce qui passe pour du réchauffé de 2016. L’amical à Genève face à la Hollande (0-3) a mis par ailleurs un coup de projecteur sur les lacunes dans ce secteur, combinant lenteur et inexpérience. En encaissant trois pions en une mi-temps, la Seleçao a montré son plus noir visage. L’entrée de tournoi risque de définir le reste de la compet’ et la mémoire d’une dérouillée façon Allemagne 2014 dès l’entame risque de travailler les esprit trop sensibles.

 

L’homme dont tu vas entendre parler

Omar Da Fonseca, c’est un accent tonique et distingué, une verve inimitable et cet amour pour le jeu barcelonais qu’on ne lui enlèvera pas. L’ancien joueur de Rosario et de l’AS Monaco n’est, on vous apprendra rien, le consultant phare des soirées latina chez Bein Sports en tout genre en compagnie de Benjamin Da Silva. « Ronaldo ou pas je m’en bat les couilles » dirait Makélélé qu’on embrasse. La star, elle, est en tribune et elle commentera ton affiche Espagne-Portugal avec plus de glamour et de sensualité qu’il n’y en aura sur le terrain…

 

Le déroulé (possible) des poules

Trois gros prétendants aux huitièmes. Trois gros combats à venir. L’Espagne sort vainqueur du choc face aux Portugais et maîtrisera sa poule B avec brio. La quinzaine souffle le chaud et le froid du côté des Lusitaniens qui s’en sortiront in extremis face aux Marocains le 20 juin sur un but dégueulasse de José Fonte (2-1). Les Marocains pas avares d’efforts manquent de peu le ticket d’or en seconde place. L’Iran de son côté fait fanny dans un groupe malheureusement surépicé.

1. Espagne 9pts

2. Portugal 6pts

3. Maroc 4pts

4. Iran 0pts

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